L'Écho Républicain - Romain Swan : le rocker des Yvelines qui n'a peur de rien

Même la pandémie n'abat ni son optimisme ni sa créativité bouillonnante. Sacré touche à tout, Romain Swan incarne la nouvelle chanson française. Confidences en toute décontraction de l'artiste des Yvelines dont le nouveau titre préfigure un deuxième album plein de belles promesses.


Retour sur scène bien particulier ! Guitare en bandoulière et micro à la main, Romain Swan a retrouvé la salle des Clayes-sous-Bois, entre Versailles et Rambouillet, mardi 16 mars. Le chanteur, accompagné de son groupe Raindrops, a tourné le clip de Au singulier, son nouveau titre que l'on peut déjà écouter sur les plateformes légales. Romain Swan, titulaire d'une formation d'audio-visuel, a lui-même réalisé les images. "J'ai deux passions, la musique et la vidéo. C'est mon côté entrepreneur qui va de l'avant. je ne dois rien à personne."





Les Yvelines, c'est un territoire qui vous inspire ? C'est là où tout a commencé, c'est là où je crée. Des endroits me séduisent à travers leurs vastes étendues et des routes un peu abîmées. J'y croise parfois des bikers... un peu comme sur la route 66 aux USA. En moins large et long ! Je vais souvent à Paris, lieu stressant. Les Yvelines ont ce côté campagne qui me rassure. Quand je ne crée pas, je me lance sur les sentiers avec ma moto.


Et la musique, c'est venu comment ? J'ai commencé mes premiers accords dans le grenier de la maison familiale. Ma première guitare, je l'ai eue à l'âge de 3 ans. Je ne l'ai touché qu'à 14 ans, lorsque j'écoutais mes groupes de rock préférés. Au début, c'était pour rigoler et puis c'est devenu une véritable passion. J'ai aligné les guitares. J'ai vécu les premiers concerts, dans des MJC de la région puis à Paris. J'ai commencé en jouant du métal puis j'ai changé de style.




Pourquoi ce changement ? C'est intervenu après avoir vu Murray Head en concert dans ma ville. Il m'a donné envie de faire quelque chose. A 17 ans, j'ai pris une claque ce jour-là avec sa façon de concevoir les mélodies. Et je me suis mis à écrire, paroles et musiques, avec de nouvelles influences. J'ai d'abord écrit des textes en anglais par pudeur. Je suis désormais plus à l'aise avec le français qui me permet de dire vraiment ce que je ressens.

Au singulier, premier single de votre futur EP, plutôt pop, reflète-t-il une personnalité... singulière ? Il est mi-français, mi-italien, c'est un rappel de mes origines. Au singulier, c'est l'histoire d'une relation toxique totalement inventée mais que tout un chacun peut s'approprier. Quant à ma singularité, elle sera dans tous mes nouveaux titres : chaque chanson sera différente au niveau des styles musicaux, pop, variété française, rock, rap, électro,.... Avec en fil rouge des textes en français.


Être singulier, c'est capital quand on est un jeune pour se démarquer dans le monde de la musique ?

Il faut sans cesse faire des choses nouvelles, je suis quelqu'un de très curieux qui a besoin d'apprendre constamment. J'ai besoin d'apprendre constamment, d'essayer des nouvelles techniques de jeu. C'est mon petit côté "savant fou". Je suis entouré d'une équipe restreinte, le groupe Raindrops, qui se connait très bien et n'a aucune limite. On tranche, on traite et on voit ce qui se passe.


Qu'est-ce qui vous inspire ? Tout ce qu'on vit : les amours, la politique, le social... J'évite le Covid !

"J'ai cette culture du populaire qui m'attire"

Quand on s'appelle Swan, est-on inspiré par Proust* ? Pas forcément. Je suis plus adepte d'un langage tout public, plus que littérature profonde. J'ai cette culture du populaire qui m'attire, tout comme donner des doubles sens aux chansons. Chacun y trouvera une signification. Je suis aussi très friand de jeux de mots, je joue avec la langue française à ma manière. J'alterne légèreté et gravité. On peut dire des choses graves avec de la musique légère. Mais sans faire de pathos !


A 26 ans, alors que l'industrie musicale est en pleine mutation et que la réouverture des salles reste aléatoire, vous vous lancez dans la musique. Vous n'avez peur de rien ? J'adore le challenge, c'est génial. Cela va bien reprendre un jour. Moi, je suis positif. Quand tout va reprendre, cela va faire mal ! On se retrouvera tous. Et puis, j'adore ce métier. Dès que j'ai commencé la musique, à 14-15 ans, j'avais une idée derrière la tête. Et les premiers shows, avec cet échange d'énergie avec le public, c'était juste incroyable. Mon dernier concert, juste avant la pandémie, j'ai commencé ma chanson, Quoi qu'il arrive. Dès que je me suis approché du micro, les gens ont commencé par chanter. J'ai ressenti une sacrée sensation !

Des projets de concerts ? Des choses vont se décanter, dans les Yvelines et ailleurs. J'ai un projet d'être en résidence à Voisins-le-Bretonneux.


Votre chanson résumant votre état d'esprit actuel ? L'une des miennes, Croire et tenir...

*Marcel Proust a écrit Un amour de Swann, deuxième volet Du côté de chez Swann.

Au singulier, sur toutes les plateformes de téléchargement. Sortie du deuxième album d'ici la fin de l'année.

Olivier Bohin