Le Grain de Sel - Romain Swan et la Singularité : le maître mot pour son nouvel EP

Nous avons eu l'immense plaisir de nous entretenir avec Romain Swan, artiste musical qui insuffle un vent de fraîcheur sur la nouvelle scène française !


Autodidacte accompli aux multiples talents (auteur, compositeur, interprète et musicien), il vient aujourd'hui nous présenter son nouvel EP « Singulier » !


Des textes toujours aussi poétiques, des mélodies entrainantes qui restent en tête... Ce nouveau bijou ne restera pas dans l'ombre, le Grain de Sel vous le garantit !



Romain Swan & The Raindrops


Bonjour Romain !


Il y a presque un an que tu nous as fait découvrir ton titre « Au Singulier » ! Te revoilà avec un nouvel EP !


Le Grain de Sel : Raconte-nous comment s’est passée la création de ces nouveaux titres ?


Romain Swan : Ce nouvel EP intitulé « Singulier », a été réalisé dans un contexte très particulier. J’ai écrit et composé la ligne de guitare des 5 titres dans mon home studio où j’ai pu enregistrer les premières maquettes. C’était d’autant plus compliqué qu’un nouveau challenge se présentait à moi : le français.


Dès lors que les idées étaient en place, je me suis rendu en studio d’enregistrement où nous avons conçu les arrangements avec mon ami Samuel Charles.


Je voulais tenter de nouvelles choses, surprendre le public avec une attaque différente et un style musical inspiré de nombreuses autres références, tout en conservant ma patte artistique !


Le Grain de Sel : Quels sont les sujets qui t’ont inspiré ?


Romain Swan : Beaucoup de sujets m’ont inspiré, tels que la résilience, l’acceptation, la détermination, le mental, l’injustice, le mensonge et j’en passe !


Ce sont des sujets qui nous rongent au quotidien, mais pas de la même façon selon les individus. Pour ma part, j’ai ressenti cette envie d’exprimer de manière parfois détournée, imagée, ce que j’avais sur le cœur !


Le Grain de Sel : Cathédrale, Putain d’Imprévu et Machine Gun (tes 3 nouveaux titres), Au Singulier et Hors-la-loi… Peux-tu nous parler plus en détail de tes titres, que ce soit au niveau de la création et de l’interprétation ?


Romain Swan : Si je devais caractériser « Cathédrale », je dirais bien volontiers que c’est un véritable monstre, de par son ambiguïté, mais aussi sa complexité d’arrangements.


C’est une chanson très énigmatique où chacun peut s’identifier, ou trouver une signification spécifique en fonction de ce qu’il vit au moment où il l’écoute.


Je souhaitais avant tout dresser un constat des dogmes imposés par la société et ce, tous domaines confondus. Mais je suis persuadé que ce sera finalement le public qui donnera la véritable orientation de ce titre !


Concernant « Putain d’imprévu », j’essaye de raconter, à la manière d’une ritournelle, l’aspect nocif d’une histoire d’amour fragile avec beaucoup de sens cachés, métaphores, jeux de mots, etc.


Le processus de composition de cette chanson a été très surprenant, puisque je venais de trouver la bonne suite d’accords à la guitare, quand j’ai pris le stylo et j’ai écrit toute la chanson du début à la fin en trois ou quatre minutes : une sorte d’inspiration fulgurante !


Enfin, Machine Gun a été un processus de « deep writing » pour moi. C’est la première fois où je me livre sur mon anxiété et sur la manière dont je « compose » avec elle. Dans cette chanson, je la considère comme une véritable personne avec qui un échange compliqué se met en place. Lorsque c’est moi qui m’exprime dans les couplets, c’est elle qui parle dans les refrains ! Néanmoins, c’est un titre introspectif que j’adore jouer en live, là encore un paradoxe !


« Au Singulier » et « Hors-la-Loi » sont deux titres déjà sortis en single qui traitaient respectivement d’une relation toxique et d’un désir de liberté. Il s’agit de deux titres foncièrement différents mais que j’ai eu autant de plaisir à concevoir l’un que l’autre.


Dans « Au Singulier », j’ai souhaité contraster le négatif avec une belle touche de positivité au travers d’un refrain en italien puissant et fédérateur !


Pour Hors-la-Loi, tout a débuté avec mon oncle, Stéphane Collart, puisque nous avons réalisé ce titre ensemble, en famille. On a souhaité lui donner une direction artistique joyeuse, presque dansante pour dénoter de cette période néfaste.


Désormais, cette chanson fait partie intégrante de nos setlists en concert et le public adore !


Le Grain de Sel : As-tu prévu de tourner des clips pour ces titres ?


Romain Swan : Absolument ! Aujourd’hui, la musique se consomme avant tout avec les yeux !


Aussi, la conception de clips et de films fait notamment partie de mes passions puisque j’ai la chance d’être également réalisateur.


J’ai plusieurs idées, reste à voir si celles-ci se concrétisent, mais dans l’absolu… ça va déchirer !


Le Grain de Sel : On sent une nouvelle maturité dans cet EP, comment l’expliques-tu ?


Romain Swan : La sortie de mon dernier album « All These Things » correspondait à mon entrée dans l’âge adulte, avec des chansons qui représentaient, à mon sens, une réelle transition entre les deux périodes. Ce que je dévoile aujourd’hui prend en partie inspiration dans ce que j’ai pu apprendre de ce qu’est d’être (jeune) adulte avec tous les doutes et incompréhensions que cela peut comporter.


Tenter d’exprimer la gravité ou du moins, la sensibilité d’un sujet sérieux est quelque chose de périlleux. Il ne faut pas tomber dans le pathos sans pour autant minorer ce qu’on ressent.


Je pense que j’ai vécu et compris pas mal de choses dans ma vie qui m’ont permis de toucher autrement le public !


Le Grain de Sel : Le mélange de l’anglais et du français dans tes titres est un peu ta marque de fabrique ?


Romain Swan : Oui, en effet ! J’apprécie énormément conjuguer la poésie et la finesse de la langue française avec l’énergie que représente l’anglais. Cela me permet non seulement de passer des messages dans une autre langue en préservant ma pudeur, mais aussi de ponctuer la ligne temporelle de la chanson en lui donnant encore plus de relief !


Le Grain de Sel : Nous pouvons également remarquer qu’au niveau des mélodies, elles semblent plus riches, plus « profondes ». Comment l’expliques-tu et comment les exprimes-tu sur scène ?


Romain Swan : Comme je le disais précédemment, le coup de maturité et l’approche différentes des situations m’ont également permis d’assumer mes états d’âme mais aussi de les aborder musicalement d’une toute autre façon.


En m’intéressant à d’autres instruments, en exploitant de nouvelles sonorités et en sortant clairement de ma zone de confort, j’ai vocalement tenté de nouvelles choses, avec un soigneux travail d’harmonies pour livrer un produit original qui parle à tout le monde !


Je suis d’autant plus heureux de ce résultat que les musiciens qui m’entourent (The Raindrops) sont des pointures qui me comprennent parfaitement. Dès le début, il se sont approprié ma musique, ce qui n’est pas évident lorsqu’on accompagne un artiste « solo », il faut savoir trouver sa place ! Mais le fait que je leur demande constamment d’être eux-mêmes et de ne pas hésiter à sortir des sentiers battus a permis d’instaurer une confiance incroyable lors des performances live !


Musicalement, c’est également très intéressant, personne ne vient du strict même univers et le mélange des genres se ressent sur scène, j’adore ! Tous ces ingrédients réunis permettent une réadaptation live incroyable de l’énergie et des mélodies de mes chansons sans jamais dénaturer le travail que j’effectue seul en studio avec les arrangeurs !


Le Grain de Sel : Tu as un don pour donner à ta musique un côté indémodable. Penses-tu que ça soit dû au fait d’avoir choisi le rock comme style musical ?


Romain Swan : Le rock est une langue vivante ! Cette musique évolue, c’est comme ça ! S’il y a une chose dont je suis certain, c’est qu’aucune musique ne peut être « obsolète » à partir du moment où on l’exprime avec son temps et ses codes !


L’énergie, la spontanéité et la passion sont pour moi l’essence-même du rock. Tu peux ensuite l’agrémenter de nouveautés, de saveurs… la base restera toujours la même !


Le Grain de Sel : Tu maitrises aussi bien le rock péchu que les balades, as-tu une préférence entre les deux ?


Romain Swan : Ma préférence est de mixer les deux pour nourrir la bête en live ! (rires) S’amuser avec la grande sinusoïdale de l’énergie du titre joué en concert est un véritable régal !


En termes de composition, cela dépend vraiment de l’humeur, mais la plupart du temps, je me « balade » avant d’envoyer du bois !


Je confesse qu’en concert, on pousse un peu le bouton de volume et le réglage de l’overdrive sur les guitares ! Ça reste entre nous…